dimanche 7 décembre 2014

Soirée d'hiver à l'intérieur (ABABCA)

Je classe les gars par ville
C'est mieux que par nom
Désir caché, pas tant, c'est bon
Si tu n'existes, tu n'existes
Baby baby la radio
Les sons me pénètrent
Dehors le vent tournoie
C'est beau, le froid

Embarque, débarque
La routine et retombe
Si ce n'était que de moi
Il n'y aurait que du vide
Je classe les gars par ville
C'est mieux que par nom
Désir caché, pas tant, c'est bon
Si tu n'existes, tu n'existes
Blessé à la guerre des ombres
L'assaut raté des cimes
Classer des soldats de bois
Casses-noisettes de papier

J'ai marché des villes
À peine quelques unes
Dans des bourrasques de neige
Les yeux plissés, le coeur en bataille

Rouler, rouler, trembler
Revenir, s'arrêter, repartir
Repartir, repartir, repartir
Repartir, repartir sans arrêt

Et je reviens au point de départ
Les bras entremêlés et bizarres
J'ai les épaules hautes, le cou plié
Retourner, retourner, détourner

Je brise les vases, je ne dis rien
Je brise rien, les fleurs sont restées
Et je me nourris de pétales
La route est longue, si tu savais
Je classe les gars par ville
C'est mieux que par nom
Désir caché, pas tant, c'est bon
Si tu n'existes, tu n'existes

mardi 4 novembre 2014

L'ordre du jour

For the record, je prends en note ma journée de travail.

Mardi 4 novembre 2014
7:30-8:30 déjeuner et tenter d'être bien réveillé pour la réunion 1
8:30-9:00 finir de préparer la réunion 1
9:00-9:45 réunion 1 avec X (patron) au sujet de Y (employé) que je défends
10:00-12:00 piano, classe 1
12:00-12:30 passer chez Z pour régler la facturation d'une activité bénéfice que j'ai organisée
12:30-12:45 passer chez le dentiste chercher une prescription d'Ativan pour nettoyage demain
13:00-14:15 assister à la réunion 2, réunion départementale, en tant que représentant syndical
14:15-15:00 dîner
15:00-16:00 rencontrer A (représentante de département) pour élucider un problème de ressources
16:00-16:15 assister au début de la réunion 3, réunion de mon département
16:15-16:45 participer à la réunion 4, réunion d'un autre groupe, à titre d'invité
16:45-17:00 tenter de rattraper ce que j'ai manqué à la réunion 3, réunion de mon département
17:00-20:00 piano, classe 2 et classe 3
20:00-21:00 répondre à un courriel d'un département au sujet d'une question de priorité
21:00-21:45 répondre à une étudiante et m'envoyer des documents par courriel pour la soirée
21:45-22:45 souper et relaxer un peu
22:45-??? préparer le cours que je donne demain à 8:15

Lundi 3 novembre 2014
8:30-10:15 participer au début de la réunion du lundi
10:15-10:30 répondre à un téléphone d'un autre établissement pendant la pause
10:30-12:00 participer à la fin de la réunion du lundi
12:00-13:00 discuter avec un organisateur communautaire à qui j'avais donné rendez-vous
13:00-14:00 répondre à un courriel ridicule d'un employeur concernant la ponctualité
14:00-16:00 préparer mon cours en répondant à plein de courriels et d'appels
16:00-18:00 enseigner
18:00-19:00 nager
19:00-20:00 souper
20:00-21:00 faire l'épicerie
21:00-22:00 passer un peu de temps avec une amie
22:00-23:30 finir de préparer la réunion 1 du lendemain
23:30-3:30 relaxer sur internet

mercredi 28 août 2013

Test de Rorschach


Qu'est-ce que tu vois?



φ — Mustang 2012, mon rêve. J'ai un ami qui en a une. Ici, quand t'es hot, t'as une Mustang. À moins que ce ne soit l'inverse : je serai hot quand j'aurai ma Mustang.

ψ — Mustang 2012, rien à foutre. Jalousie : avec l'argent des mags seulement, je pourrais vivre confortablement pendant deux mois ou plus ; payer le loyer, payer l'épicerie (et pas seulement des produits Nos compliments). Incompréhension : Comment fait-on pour avoir assez de fric pour ça? Il me semble que même avec un emploi à temps plein à 20$ de l'heure je n'arriverais jamais à subvenir à mes besoins primaires après l'achat d'une voiture comme ça et les dépenses hebdomadaires qui viennent avec.



Qu'est-ce que tu vois?


 


φ — Couple romantique, mon rêve. Mes amis sont en couple. Ici, ta vie n'est complète que lorsque l'amour réciproque en fait partie. À moins que ce ne soit l'inverse : pas moyen d'être heureux sans être en couple.

ψ — 10 ballons en coeur soufflés à l'hélium (25$), sofa IKÉA et coussin assorti (135$), chaussures Prada (475$), petite robe Burbury (855$). Jalousie : avec l'argent que ces deux là ont mis sur leur outfit, je pourrais me faire réparer au moins trois caries, acheter des piles pour mon baladeur, changer l'aiguille de ma table tournante, faire remécher mon archet de violoncelle, faire réparer mon ampli de bass et sortir un soir à un resto "Apportez votre vin".



Qu'est-ce que tu vois?


φ — Roue de bicyclette de merde, rien à foutre. Jalousie : quand je circule à vélo (quatre fois par année), je file à toute allure et avec style grâce à mon vélo dernier cri dont la valeur d'une roue seulement équivaut au salaire annuel de ceux qui me voient passer. J'aime être confortable, voilà tout. Incompréhension : je ne comprends pas trop pourquoi la roue est sur un banc.

ψ — "Roue de bicyclette" de Marcel Duchamp, 1913. Il s'agit d'une oeuvre remarquable qui évoque mobilité et fixité à la fois. J'imagine l'artiste faisant tourner la roue dans son atelier. Cette vision m'apaise. Premier ready-made officialisé par l'histoire de l'art, la Roue de bicyclette combine deux objets du quotidien qui résonnent fortement pour moi : je me déplace à vélo tous les jours, été comme hiver, avec les vélos de merde qu'on me vole à répétition ; j'ai déjà utilisé ma roue de bicyclette personnelle pour faire de la musique ; le banc ressemble à d'autres bancs que l'on trouve dans le local de pratique où je passe toutes mes journées depuis que j'y ai aménagé mon bureau à Rimouski. Apprécier la Roue de bicyclette exige un temps de réflexion et une ouverture que bien peu de gens se permettent. Pour moi c'est ce qui importe. Plus que la Mustang, plus que le loyer, plus que l'amour et les beaux souliers.


Qu'est-ce que tu vois?


φ — Un papillon.

ψ — Un papillon.



 

dimanche 21 juillet 2013

Jours -7, -6 à Montréal

Je magasine les emplois. Lettre de motivation pour l'offre "surveillant de salle à manger d'école" sur laquelle je vais appliquer aussitôt que j'ai fait (encore) une autre version de mon cv.

Bonjour Mme [...],

      Il me fait plaisir d'appliquer pour le poste de surveillant de salle à manger d'école. Je suis un jeune adulte déménagé à Rimouski il y a deux ans et j'ai toutes les qualifications requises pour surveiller dans la salle à manger : j'aime travailler avec ce groupe d'âge, j'ai une attitude ouverte et positive, j'apprends vite et m'adapte facilement. J'ai également de l'expérience : j'ai été moniteur de camp d'été (clientèle 12-17 ans), bénévole pour les jeux spéciaux du Québec, professeur au niveau Cégep et concierge dans une école secondaire à Montréal.
      Surqualifié? À cette étape de ma vie je recherche un emploi stable avant tout. Si j'ai les compétences pour enseigner au Conservatoire de musique, au Cégep ou même à l'UQAR, les postes, eux, se font rares et instables ; bien honnêtement, c'est trop peu pour arriver à rembourser mes dettes d'études. Un emploi à la [...] représente pour moi un investissement, une pause essentielle avant de me projeter dans l'avenir.
      En espérant vous rencontrer pour une entrevue en personne, je vous prie d'agréer, madame, l'expression de mes sentiments les meilleurs,

Rémy

C'est vraiment difficile sur l'estime de passer une heure -- oui, ça prend une heure écrire deux paragraphes comme ça -- de passer une heure à s'agenouiller de toutes les façons possibles par écrit pour un poste qui ne m'intéresse pas du tout. Le bout "Surqualifié?", je pense qu'il est essentiel puisque le Conservatoire et TELUS ont refusé ma candidature pour leurs jobs de merde à cause de ça. J'ai quand même peur d'avoir l'air de me prendre pour un autre, j'ai pesé et retourné dans ma tête chaque mot de la lettre, j'ai même consulté un dictionnaire des synonymes.
Appliquer sur une job de merde et se faire dire qu'on n'est pas assez de la marde pour toucher au salaire offert, y'a une expression en anglais pour ça : add insult to injury. J'avoue que ça fait chier si t'as un secondaire 5 de te faire piquer ta job par un gars avec une maîtrise qui écrit bien et qui est juste trop fucking paumé pour attendre la job "dans son domaine". Bin fuck you, personnage fictif, je vais user de toutes les tactiques possibles pour te voler ton esti de 20$/h à rien colisser avec tous les avantages sociaux. Pendant ce temps, c'est d'autres personnes avec des maîtrises qui travailleront sous pression, dans un environnement stressant et plein de responsabilités pour des organismes qui arrivent à peine à payer 12$/h (sans compter les heures converties en bénévolat parce que, tsé, on est smatte le monde qui font ces jobs là).

Les autres emplois sur lesquels je vais postuler c'est "intervenant en service social", "adjoint à la direction" et "agent au marketing". Miam miam, les jobs plattes. Le fric, le fric, pendant ce temps là le temps passe. #yolo mon cul.

Alors c'est comme ça que je passerais mon dimanche de congé -- à écrire des lettres de motivation, faire des versions adaptées de mon cv et rêver à des mois et des mois de job de merde à engranger du pécule pour me sortir du trou tout en espérant ne pas perdre le feu -- si j'étais en congé aujourd'hui. Mais non, je travaille ce soir à faire des sondages dans la rue.

Ensuite il ne reste plus que 5 jours à mon contrat à Montréal. Le temps a passé très vite et très lentement à la fois, c'est bien comme ça. Je ne suis pas sorti une fois à Montréal. Je prolongerai mon séjour pendant une semaine ou deux, je continue à gagner de l'argent au compte-gouttes.

EDIT : Quelques heures après avoir complété ce billet, de nouvelles lettres de motivations se sont ajoutées.

Bonjour à vous à [...],

      Je ne proposerais pas mes services de marketing partout, mais avec vous ça m'intéresse. Je travaille avec coeur et rigueur, avec enthousiasme et persévérance. Je crois que vous connaissez mon implication intègre d'artiste multidisciplinaire, gestionnaire de [...] et organisateur communautaire [...].

      Vous ne saviez peut-être pas que j'ai été coordonnateur marketing chez [...]. J'y faisais de la recherche de clients potentiels par internet, du travail administratif et des appels de sollicitation. J'ai également été adjoint à la direction au [...]. Mon travail était principalement administratif : suivi des abonnements personnels et institutionnels, tenue du grand livre, soutien à la prise de décisions budgétaires, écriture de chèques, etc. Je travaille également à contrat pour la vérification des chiffres de l'organisme [...] lors de demandes de subventions.

       Je vais vous le dire bien honnêtement, la meilleure personne pour le poste chez vous, c'est [...]. Je lui ai parlé de votre offre d'emploi et si elle vous écrit, je vous souhaite de l'embaucher. Je suis par contre un bon deuxième : j'ai une bonne approche avec les gens d'affaire, j'ai toutes sortes d'idées originales et je n'ai pas peur des chiffres. J'ai de l'expérience dans la recherche de commandites, notamment pour [...] et [...].

       Je suis surtout un "fan" de [...]. Je considère que vous êtes un acteur essentiel à Rimouski, à mi-chemin entre la morosité du [...] et le côté souvent un peu pointu de [...] (que j'aime beaucoup aussi). Je pense qu'il est vital qu'une ville à forte proportion étudiante mais également retraitée ait accès à [...]. Je suis d'avis que l'offre de [...] est indispensable car elle contribue à mettre de l'avant la diversité et présente des réalités qui nous sortent de l'univers souvent un peu uniforme de Rimouski. Je n'ai pas de misère à "vendre" [...] car j'y crois sincèrement.

       Alors voilà pour ma candidature honnête. En espérant avoir un retour de votre part, bonne fin d'été!

Rémy

Une autre :

Bonjour,

      Je vous envoie mon CV à tout hasard car je n'ai pas de formation accréditée en [...] ou en [...]. Je suis toutefois une personne très impliquée à Rimouski, notamment pour [...]. À titre d'organisateur de [...], j'ai eu l'occasion de parler à toutes sortes de personnes de toutes sortes de problématiques, d'être une ressource et un rassembleur pour des gens qui n'ont que très rarement l'occasion de s'exprimer librement. J'ai beaucoup de bénévolat sur ma feuille de route : ménage d'appartements pour personnes démunies à Québec, serveur dans des soupes populaires, travail auprès des personnes handicapées mentales, etc. Je suis une bonne oreille, compatissant et rationnel à la fois. Surtout, j'aime aider et accompagner des personnes qui traversent des moments plus difficiles.

      Alors voilà, j'ai vu votre offre d'emploi "[...]" et c'est ce qui m'a donné envie de communiquer avec vous. N'hésitez pas à communiquer avec moi pour voir si je pourrais vous être utile, peut-être même que mon expérience peut compenser ma formation toute autre. Mon CV en pièce jointe.

      Bon été!

Rémy


Encore, celle là c'est pour une offre via une agence de placement à qui j'écris :

Bonjour [...],

      Serait-il possible d'avoir plus d'information sur le poste d'[...]? Le poste m'intéresse, je voudrais par contre m'assurer que la compagnie, l'organisme ou l'institution pour qui je travaillerais cadre avec mes valeurs. Je voudrait également vérifier si leurs locaux sont situés à une distance raisonnable de chez moi.

       Je suis un candidat sérieux, j'ai été [...] pendant 2 ans (tenue du grand livre, aide aux décisions budgétaires, suivi des abonnées personnels et institutionnels, gestion du courrier, écriture de chèques, etc.). J'ai également de l'expérience comme [...], un bacc. en [...] et des études avancées en musique qui démontrent ma capacité de réflexion. Je suis parfaitement bilingue : j'ai fait la majeure partie de mes études universitaires en anglais en plus de travailler à quelques reprises en traduction anglais vers français. Quand [merde je viens de voir que j'ai fait une faute : Quant] à mes aptitudes en communications, je crois que de très bon commentaires à mon égard ont été transmis à votre collègue [...] pour un petit contrat de sondage en face-à-face que j'ai fait pour [...] au [...].

       Au plaisir d'en savoir plus sur l'entreprise et sa direction, mon CV en pièce jointe.

      Bon été!

 Rémy

Ça y est. Se chercher une job de marde est une job de marde, pas payée. Je frôle la dépression. Temps passé à faire ça en ce beau dimanche ensoleillé : 5 heures.

vendredi 19 juillet 2013

Jours -22, -21, -20, -19, -18, -17, -16, -15, -14, -13, -12, -11, -10, -9, -8 à Montréal

La lune de miel est terminée. Je n'ai pas tenu le rythme du blog quotidien. Je n'ai pas non plus lâché l'idée complètement.
J'avais bien lu "Le pianiste temporaire est rémunéré selon un taux de [x] $ / h pour toutes les tâches reliées à l’accompagnement. [On] reconnaît une heure (1) de préparation pour chaque heure accompagnée." Mais je n'avais pas bien lu la phrase qui suivait : "Le taux de [x] $ / h inclut donc l’heure de préparation et l’heure d’accompagnement." Je me retrouve avec un chèque de paye deux fois plus petit que celui auquel je m'attendais... chaque heure payée en accompagnement inclut donc une heure (non rémunérée) de préparation. Câlisse.
C'est des problèmes d'adulte et c'est ce qui me dérange le plus. L'argent, who cares about le fuckin argent? Les gens qui s'en font pour ça sont les cupides et les dans marde. Les cupides on les connaît, les dans marde sont ceux et celles qui en arrachent pour joindre les deux bouts, qui hésitent avant de s'acheter un café de peur que ça ne passe pas sur la carte de crédit -- le compte chèque est vide de toute façon. Les dans marde sont ceux et celles qui font vivre les banques, qui se plaignent tout le temps et qui devraient se fermer la gueule, ils avaient juste à y penser avant. Les dans marde peinent à se tenir debout devant la pression de travailler à salaire fixe (et dérisoire) pour une grosse boîte 37,5 h par semaine. Je ne sais pas combien te temps je pourrai tenir.
Ce matin j'ai pris le métro pour la première fois pour aller au travail. Il y avait un orage matinal, je ne me rappelle pas avoir vu ça avant. Dans le métro, j'ai fait une liste des comptes à payer avec la paye que je pensais avoir : 700$ à la Banque, 200$ à la Caisse, 10$ pour manger. Oublie ça.
Je ne sais pas combien de temps je me tiendrai debout et me répéterai que je suis fort je suis fort je suis fort je suis fort. C'est tentant de basculer, de maudire toutes les paires de roues de bicyk à 5000 piasses qu'on se paye autour de moi avec l'argent du 60 h semaine pour la grosse compagnie, de rager sur les osti de restaurants toujours pleins de monde qui se peuvent pu de se les payer ici et ailleurs. Je marche lentement sous le soleil cuisant (car l'orage s'est rétracté pour un temps), je m'achète des souliers à 5$ et des bas à 2$ parce que les bottines que j'avais ç'a pas d'allure et les bas d'hiver de Noël 2011 fittent pu. Je marche lentement et je me traîne les pieds dans leurs nouveaux souliers usagés. Colisse que je suis tanné.
Les problèmes d'adultes sont ceux qui font renoncer aux passions au profit du quotidien. "Quand j'étais jeune, je voulais être musicien", de dire l'employé de la grosse tour à bureau. Moi quand j'étais jeune, je voulais simplement ne jamais être un adulte.
Je boirais, je mangerais, je fumerais, je me détruirais de luxes inutiles.
J'ai eu un pas pire horaire cette semaine : lundi 9 à 12 à l'École + 17 à 21 souper chez ma mère, mardi 9 à 12 à l'École + 16:30 à 20:30 sondages dans la rue, mercredi 9 à 12 à l'École + 19:30 à 22:30 pratique, jeudi 9 à 12 à l'École + 17 à 21 sondages dans la rue, vendredi 9 à 12 à l'École + 18:15 à 22:00 sondages dans la rue. Je travaille samedi et dimanche soir pour les sondages avant d'entamer ma dernière semaine à l'École lundi prochain. Je travaillais également en fin de semaine passée, un p'tit aller-retour à Rimouski pour honorer un contrat. J'espère prendre le temps d'en reparler car c'était vraiment une belle expérience, mêlée à des pensées qui vont vraiment dans tous les sens.
Je travaille fort, je travaille pas assez, je travaille pour pas assez, je travaille pas assez d'avance pour me trouver du travail et engraisser ma Banque.
Osti je suis tanné, je sens littéralement ma passion, ma fougue et mon ardeur naturelles laisser place à l'amertume, le vague à l'âme et la déprime. J'ai appliqué encore sur 3 jobs cette semaine, 2 à Montréal, 1 à Québec. Whatever.
Rimouski ne me manque pas pour une seconde. Le monde 100% "de souche", franco, hétéro, classe-moyenne-qui-essaye-d'avoir-l'air-classe-sup., uniforme et où l'ambition est dévaluée constamment peut bien rester où il est à ne pas changer.
Montréal me répugne tout autant qu'avant. Le monde du trafic, des carriéristes, de l'arnaque-même-pas-subtile, de la solitude version alone together, du racisme à demi-mot, des grandes activités grand public où les banlieusards viennent se saucer, du fric extrême (extrême pauvre et extrême riche), etc.
Je ne sais pas où est ma place. Québec me semble tellement un compromis que ça ne me tente même plus d'y retourner.
Je pense souvent aller passer quelques mois à Berlin. Puis je me demande comment je ferais pour nourrir mes pauvres banquiers québecois. Il faut se botter le cul pour partir, et j'ai tellement botté le cul de tout le monde que je n'ai plus la force ("...ou la faiblesse", disait Francine Raymond) de m'occuper du mien.
Segue : Je ne suis toujours pas sorti dans un bar de Montréal depuis mon arrivée. Pas de temps, pas d'argent.
J'ai souvent dit que "pas d'argent" n'était pas une raison pour ne pas sortir, je reviens sur ces paroles. Pas d'argent, c'est une très bonne raison d'être foutument mal à l'aise devant les possessions et les dépenses des autres. Sortir dans un bar, chauffer sa piscine creusée au propane, voilà de bons exemples de choses qui me rendent inconfortable. Je me dis, pour un quart du prix je n'ai plus de soucis pour deux semaines, pour un quart du prix j'ai un morceau de drum, une réparation d'ampli, un reméchage d'archet, un vélo qui tient la route (tant qu'à l'utiliser tous les jours été comme hiver...).
Je suis fatigué. 

lundi 8 juillet 2013

Jour -23 à Montréal

#firstworldproblems

Je ressens ce que je pourrais ressentir si cette vie était la mienne.
- Comment ça s'est passé à la job aujourd'hui?
- Ah bin, je me suis réveillé, j'ai snoozé trois fois mes deux alarmes pour un total de six snoozes. Ensuite je me suis fait un café à la cafetière italienne avec des toasts dorées. J'ai écouté la Première chaine de Radio-Canada Est du Québec en mangeant, buvant, facebook, gmail, sites de rencontre (why not?). Ensuite je me suis rendu au travail à vélo en 28 min 34 sec*. La prof était absente, j'ai donc assisté au cours d'une autre en plus d'accompagner 40 minutes de "conditionnement physique" donné par encore une autre. J'ai été prendre un café en ville, j'ai lu un peu, j'ai été au parc et à la crème molle avec cousine et bébé. Je suis rentré pretty absentmindedly à vélo en longeant le Canal Lachine. Là je blogue.
- Ok. Comme d'habitude, genre.
- Bin pas tant, en vrai plusieurs éléments de ma journée étaient uniques, nouveaux, inattendus. Mais j'ai une impression de routine, ou plus exactement, je ressens ce que je ressentirais si c'était là ma routine.

*Je fais des statistiques de façon désintéressée, juste parce que j'en n'ai pas peur. D'autres tenteraient d'améliorer leur performance, pas moi, je me contente d'observer, c'est très zen. Donc j'ai été au travail à vélo 3 fois, ce qui me permet de tracer une courbe de tendance avec un polynôme de deuxième degré. Voici comment, et je fais l'exercice sachant que j'arriverai à quelque chose d'absurde, ça m'intéresse.

Données :
4 juillet, 34:15 (temps t = 0)
5 juillet, 30:19 (temps t = 1)
8 juillet, 28:34 (temps t = 2)

On veut une équation de la forme y = at^2 + bt + c
Euh, j'ai déjà enseigné ça et je ne me rappelle plus du tout comment on fait. L'internet ne m'aide pas plus ce soir.

On va donc y aller au plus simple, on prend la première et la dernière donnée, on trace une ligne entre les deux et ça va être bin en masse. La ligne a une pente de 34:15-28:34 / 2-0 = ah là faut soustraire des secondes. Fuck it, je suis blasé, j'ai peur de tout, je pourrais passer ma vie à faire exactement ce que j'ai fait aujourd'hui et ne plus jamais me poser de questions.

#çacommencecommeça

dimanche 7 juillet 2013

Jour -24 à Montréal